Édito n°5v2 #5

, , ,
Valencak Jean-Jacques, Radar, Acryl. sur papier, 50×70 cm, 2025

Édito du n°5 V2 janvier 2026 de Jacme Gaudas

Bonjorn e bona annada a tots

Vaqui lo n° 5v2 qui ouvre 2026, annada electorala la mai importanta, pedagogica, la Comuna, là où se fabrique, se chewin-gum la démocratie, se tisse l’identité, le pluriel singulier… Élections majeures de proximité où hommes et femmes de leur commune, Montalban per nosautres, sont conviés aux urnes afin d’élire une équipe de citoyens/nes volontaires qu’il nous faudra, et quel qu’en soit le résultat, aider, accompagner, rester porteur d’idées et propositions d’un vivre ensemble, une base quoi ! Cal tot lo monde et il est autorisé de désobéir aux chefs et cheffes de Paris, de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Renne, Caen, Orléans, Lille, Strasbourg, Dijon, Lyon, Marseille en leurs régions, colliers de langues-cultures encore en demande de reconnaissance légitime. La voie est là, la cal prener, affirmons notre identité, le peuple veut une culture sans qualificatif. C’est en vain qu’on chercherait à isoler une culture dite populaire au sein de la culture tout court. Où fixer la limite qui la séparerait de la culture dite «savante» ? L’étoffe culturelle est un tissu sans couture, qui sous-tend les activités de la société entière. Comme l’a si justement écrit Félix-Marcel Castan, écrivain montalbanais, théoricien de la Décentralisation culturelle pour la France :
L’action culturelle, dans une ville, tend à ériger des valeurs symboliques qui lui restituent un visage, propriété en principe de tous ses habitants, grâce à quoi elle est reconnaissable entre toutes les villes du monde. Valeurs qui sont les «belles portes» d’aujourd’hui. Autrefois close, la voilà désormais ville ouverte, mais ville quand même.
C’est gagnant, vin sens aiga o aiga dins vin ? Bilingue occitaniste m’interèssi a las autras «Lengas-culturas» de France et de tous ses outre-mer, combien ? Une bonne palanquée quand m’aime, plus de 75 en comptant the french, toutes référencées à la Délégation générale à la langue française et aux langues de France au ministère de la Culture qu’il serait plus juste de renommer ministère des Affaires culturelles, comme au temps de Malraux, avec la présence du pluriel !!! Quelles richesses à découvrir, s’approprier, partager, les connaissons-nous ? Pas vraiment, pourtant nous le devrions en tant que français de nationalité et non pas d’identité comme c’est écrit sur la carte officielle. Pas pareil !!!
Tè, un civique jeu in Situ, villes, villages, capitales, qu’il nous faut amplifier, nous y jouons déjà mais il manque du monde à l’appel et ce n’est pas faute de sollicitations. L’Œil du Centre veille toujours et sans le vouloir, du moins sans s’en rendre compte, les yeux de la périphéries, la «province» comme il se dit toujours trop souvent, sont éblouis, cécité congénitale de l’État centraliste, véritable cancer. Alors forçons-le à se soigner, et nous avec, ouvrir les yeux, lire Castan : Manifeste multiculturel (et anti régionaliste), Éditions Cocagne, ça voir et faire savoir, dire, croiser nos états des lieux, leurs avancées, et il y en a, mais nous n’en savons pas assez, parler, faire entendre toutes ces langues par tous les moyens, chant, théâtre, écriture, radio, télé, web, cinéma, en faisant son marché, dans le vie de tous les jours en redoublant d’efforts et surtout le faire dans la bonne humeur contagieuse nécessaire, c’est possible !! Belles circonstances ces municipales de mars. Les listes se multiplient, les promesses avec, à nous de rectifier, de gagner, posons-leur la question, quelle place dans votre projet culturel ont nos langues-cultures : occitan, breton, gallo, picard, francique lorrain, francoprovençal, basque, catalan, corse, alsacien, flamand, créoles, tahitien, mahorais, kanak, berbère, etc. Chiche, depuis tous nos chantiers faisons-les entendre, échangeons, ensemençons, débordons, pluralisons, coloram nòstre pays, le civique pique la langue de la sauce française à coup d’autres langues-cultures, nous devrions tous être au moins bilingue, voir plus. Ah ! si l’État l’avait voulu l’enturlu…
Ben non et le symptôme est profond. Étiqueté «provincial» il est en nous, tenace, uros fin finala pour beaucoup d’apaisés de la douleur mais pas du mal qui s’auto-transmet depuis Richelieu, amplifié à la Révolution et servi en first class par les instituteurs publics coupeurs de langues sous la IIIe République, aquò dich an capitat lor mission, sèm totis lengats a l’òil, c’est bien mais c’est aussi un verrou administratif pour tous. C’est avec le centralisme qu’il faut en finir, à nous de le faire, l’ouverture est là, des sondages affichent que 77 % des Français sont favorables à la reconnaissance des langues de France-cultures (aimi pas lo tèrme regionalas), ce serait très bien de les relayer sur le terrain, dès qu’on est dans une démarche contre, pour du mieux, on est obligé de rabâcher, enfoncer le clou disait Castan, çò que fasèm et pas tout seul depuis très, très longtemps avec nos actions anti-centralistes pour une France Une politiquement et plurielle culturellement…

Alors ce serait bien d’avoir des informations, textes, photos en haute définition, sur ce qui se fait, se joue sur vos théâtres d’opérations culturelles e mai d’aquòs dins la Linha Imaginòt.
Qu’en pensez-vous.. ?

Laisser un commentaire